Devenue volaille d’ornement, la Brahma était jadis exploitée
à diverses fins. Elle était élevée pour son abondance en plume qui permettait la
fabrication des oreillers et autres couettes, mais aussi pour son abondante
ponte hivernale (jusqu’à 150 œufs) durant la saison où les autres gallinacés de
basse-cour ne pondaient pas. Économiquement parlant pour la ferme, cette
volaille bien fournie en chair abondante avait aussi pour fin d’être condamnée
pour les festins à une époque où les hybrides de « souches à viande »
n’existaient pas. Pour mémoire, au XIXè siècle, dans les années 50, un poulet à
rôtir de la race Brahma devait peser autour de 3,7 kg pour les poulettes et 4,5
kg pour les coquelets.
Avec le temps, devenue avant tout volaille d’ornement, la
Brahma s’avéra très vite un excellent animal « de compagnie » en raison de sa
nature calme, docile, douce, peu fuyante. Elle n’a pas tendance à s’échapper
pour aller chercher seule sa nourriture comme le font de nombreuses autres races
de poules. Son aile, petite, ne lui permet pas non plus d’avoir la fâcheuse
tendance de se percher à grande hauteur. De par son imposante beauté, cette
majestueuse volaille orne désormais parcs et jardins. Dans certains pays, on la
trouve aussi dans les parcs des domaines publics, les châteaux, se mêlant aux
diverses variétés de paon et autres oiseaux d’ornement.
Sa croissance très longue (une Brahma n’est complètement
adulte qu’à l’âge de 18 mois-deux ans) l’a épargné du domaine de la rentabilité
et de la production intensive et a donc permis à de nombreux éleveurs de
conserver une sélection d’un type proche du standard défini.
De plus, cette grosse et imposante volaille aux pieds « en
drapeau » ne nécessite pas autant d’espace vital que les races de volailles
« coureuses » ayant toujours besoin de plus d’espace. Elles sont faciles
d’entretien à condition toutefois de leur éviter un sol boueux à cause de
l’abondance des plumes aux pattes, tarses et pieds, qui amassent la boue, les
boulettes ainsi constituées aux plumes pendantes des jarrets ou aux pieds se
cassent et peuvent provoquer des lésions cutanées.
C’est à peu près la seule précaution à prendre lorsque vous
avez acquis un sujet vacciné mis à part, comme pour tout animal,la vermifuger
régulièrement.
L’abondance de leurs plumes lui permet de résister aux grands
froids et par là même d’en faire la pondeuse d’hiver par excellence.
Enfin, sa nature de bonne couveuse et de bonne meneuse lui
vaut toujours d’être utilisée à cette fin aujourd’hui par les éleveurs amateurs
de volailles à gros œufs comme les canards, paons, dindes ou oies, comme l’est
encore aujourd’hui la Nègresoie aux faisandiers.
Toutes ses qualités n’ont d’égal que son ramage et sa fierté
qui font d’elle une volaille que l’on trouve très fréquemment en abondance dans
les expositions avicoles. Coq et poule très « tape-à-l’œil » avec la richesse de
leurs couleurs et leur imposant gabarit (le standard d’origine voudrait que le
coq ait un poids moyen de 5,450 kg et la poule de 4,310 kg), ils attirent le
spectateur comme les juges qui ont tendance à facilement les récompenser des
plus hautes distinctions.
L’engouement pour
cette race méritait qu’un Club spécifique s’y consacrât pour éviter, comme
chaque fois qu’une espèce devient « à la mode », qu’un non-suivi de l’élevage et
du standard par manque de concertation entre éleveurs-sélectionneurs ne détruise
ses caractéristiques.
Ce Club spécifique Brahma/Cochin, la Cochin étant un des deux
principaux ancêtres de la Brahma, est actuellement enfin existant permettant de
vous apporter sur cette volaille d’ornement hors du commun toutes les
informations nécessaires quand à ses caractéristiques de quelque nature qu’elles
soient.
La brahma doit rester une des géantes de nos poulaillers,
majestueuse, imposante mais calme, toute en affection et en beauté.
Le coq, au chant rauque, comme assourdi, mais puissanttel une basse, ne vous arrachera pas le tympan
de son cris strident !